Wereldforum van het “Globale netwerk van niet-overdraagbare ziekten” in landen met een laag en midden inkomen

  • 24/02/2010
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(Tekst beschikbaar alleen in het Frans)

 

Votre Altesse Royale,

Madame la Directrice générale,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

Cette rencontre, organisée à l'initiative de Madame Chan, la Directrice générale, vient à un moment particulièrement opportun. Je tiens à remercier vivement l'Organisation mondiale de la Santé de m'avoir invitée. Je suis ravie de pouvoir participer à vos travaux, parce que nous discutons aujourd'hui de thèmes qui me tiennent particulièrement à cœur : la santé et l'accès aux soins de santé d'une part et l'éducation de l'autre. En outre, ces questions sont étroitement liées.

 

Voilà bientôt cinq ans que je suis associée au travail d'ONUSIDA et de l'UNICEF, en ma qualité  de Représentante spéciale pour les enfants touchés directement ou indirectement par le VIH/SIDA. Pendant mon mandat, j'ai pu constater combien s'est intensifié, à l'échelle mondiale, l'engagement des dirigeants politiques et sociétaux dans la lutte contre l'impact du SIDA sur les enfants et les jeunes.

 

Il y a quatre ans jour pour jour, je me trouvais en Tanzanie pour encourager des actions visant à soutenir des enfants et des jeunes dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA. J'ai pu rencontrer des enfants rendus orphelins par le SIDA et des personnes qui vivaient avec le virus. J'ai pu constater que, pour les enfants et les jeunes, l'éducation revêt une grande importance. Plus que jamais, je me suis rendu compte que la prévention est cruciale, parce que l'ignorance est le pire ennemi de la lutte contre le SIDA.

 

Le VIH/SIDA devient une maladie chronique. Les personnes qui sont victimes de ce virus chronique présentent un risque accru de maladies cardiovasculaires, de cancer, de diabète et de maladies respiratoires chroniques. Ces risques ne proviennent pas uniquement de l'infection et des effets du traitement. Force est malheureusement de constater que les personnes qui vivent dans les pays en développement sont davantage exposées aux facteurs de risque qui mènent aux maladies non transmissibles. Avec le temps qui passe, la distinction entre causes infectieuses et non infectieuses de maladies perd de son importance aux yeux des personnes qui y sont exposées.  Mettons donc l'enfant, l'adulte, l'être humain au centre de nos préoccupations.

 

C'est l'individu - indépendamment de la maladie spécifique dont il souffre - qui a besoin d'une communauté internationale plus compréhensive et davantage axée sur la promotion de la santé et du bien-être. Ensemble, nous pouvons faire la différence pour ces personnes vulnérables dans notre société.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Le monde doit être reconnaissant envers les dirigeants des pays qui ont souscrit en l'an 2000 aux Objectifs du Millénaire pour le Développement. Ces objectifs sont d'une grande importance pour rendre notre monde plus équitable. La prise de cette responsabilité commune a démontré l'importance de cibler les mesures internationales sur un nombre restreint d'objectifs assortis d'échéances. Dans le domaine du SIDA, il en a résulté une baisse des infections de 17 pour cent entre 2000 et 2008, grâce à des efforts fructueux en matière de prévention. On estime que fin 2008, plus de quatre millions de personnes dans les pays en développement bénéficiaient d'une thérapie antirétrovirale, ce qui représente un décuplement en cinq ans.

 

 Malgré ces progrès, il faut encore redoubler d'efforts en faveur des millions d'enfants et d'adultes qui ont un besoin immédiat et vital de médicaments antirétroviraux. Il faut, en premier lieu, combattre l'ignorance. En sensibilisant les populations, l'on pourrait prévenir, chaque année, de 8 à 14 millions de décès précoces supplémentaires dus à une maladie cardiovasculaire, au cancer et au diabète dans les pays en développement. La vie des plus vulnérables et des plus pauvres pourrait ainsi s'améliorer de manière tangible.

 

Les maladies non transmissibles ont des effets graves, et c'est également le cas dans les pays en développement. Dans une situation souvent précaire en matière de prévention, d'efficacité des soins de santé et d'accès à ceux-ci, le nombre de patients souffrant de maladies non transmissibles croît rapidement parce que la population est exposée à des facteurs de risque qui induisent ces maladies.

Les pays en développement constatent également comment les plus pauvres de leurs citoyens sont affectés de manière disproportionnée par l'épidémie de maladies non transmissibles en raison de la perte de revenus des ménages, d'un mode de vie malsain, d'une condition physique déficiente et du coût élevé des soins de santé.

Toutes ces perceptions différentes me rappellent un contexte similaire dans les années 1990. A cette époque, bien que tous les pays du monde fussent touchés par le VIH/SIDA, la communauté internationale a reconnu que l'ampleur et l'impact de cette maladie étaient les plus grands dans les pays en développement. Les dirigeants de l'époque ont fait preuve de grande sagesse car ils ont veillé à réduire le nombre de personnes mourant inutilement faute d'avoir accès à des traitements médicaux abordables. Dans le même esprit, je lance un appel pour un leadership et un engagement comparables dans le cadre de la lutte contre les maladies non transmissibles épidémiques dans les pays en développement.

 

Dans mon propre pays, la Belgique, suivant les recommandations de l'OMS, différentes actions ont été entreprises pour lutter contre les maladies non transmissibles. Des actions dans le domaine de la prévention ont eu un impact énorme et ont notamment abouti à des projets pour la promotion d'une  nutrition saine, à des actions pour promouvoir l'activité physique, et à de nouveaux actes législatifs. Citons par exemple les lois dans le cadre de la lutte contre le tabagisme, ou la législation portant sur la vente d'alcool aux mineurs

En même temps, des programmes de soins de santé spécifiques comme par exemple le plan de lutte contre le cancer et le programme relatifs aux maladies chroniques renforceront le système de santé.

 

Mesdames et Messieurs,

 

En matière de santé publique, des tendances fortes s'entrecroisent.

 

D'une part, les perspectives de progrès en matière de lutte contre le VIH sont soutenues par une détermination sans précédent visant à trouver des solutions et à parvenir à une plus grande équité dans le domaine de la santé. La Déclaration du Millénaire et ses Objectifs offrent plus que jamais à notre monde une possibilité de mettre la lutte contre la pauvreté, dans toutes ses dimensions, en concordance avec la structure même des sociétés, en particulier en matière de santé.

Mais, d'autre part, l'on observe un manque de perspectives pour la mise en œuvre d'interventions rentables destinées à réduire le niveau d'exposition des personnes à des facteurs de risque de maladies non transmissibles. Les perspectives  font également défaut lorsqu'il s'agit de faciliter, pour des millions d'habitants de pays en développement, l'accès à des méthodes de dépistage précoce du cancer du sein et du col de l'utérus, du diabète et de l'hypertension.

Néanmoins, au niveau international, je vois certaines raisons de rester optimiste.

En mai 2008, l'Assemblée mondiale de la Santé a avalisé un Plan d'Action pour lancer la Stratégie globale de Prévention et de Lutte contre les Maladies non transmissibles. Les Etats membres ont également demandé que l'on augmente le niveau de priorité des maladies non transmissibles. Ces décisions ouvrent d'importantes opportunités. Pour la première fois, cet appel à agir nous permettra de vérifier comment nous pouvons, en tant que communauté internationale, nous mettre à coopérer pour contrecarrer et commencer à inverser l'incidence des maladies non transmissibles dans les pays en développement.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Il existe de nombreux exemples brillants et motivants de réussite en matière de lutte contre les maladies non transmissibles dans les pays en développement partout dans le monde. Il ne fait aucun doute que de nombreux délégués présents ici aujourd'hui ont joué un rôle clé pour intensifier la lutte contre les décès précoces à la suite de maladies non transmissibles dans leurs pays. Je les en félicite chaleureusement.

 

Il est crucial que les décideurs politiques s'engagent pleinement dans la lutte contre les maladies non transmissibles dans les pays en développement.

Il est clair que les résultats obtenus en matière de prévention auront un effet positif majeur, non seulement sur la santé internationale, mais aussi sur le développement mondial.

 

Vu le lien étroit qui existe entre les maladies non transmissibles et le VIH, tout progrès dans la prévention de ces maladies contribuera à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

 

Notre réunion d'aujourd'hui peut nous inspirer tous à redoubler d'efforts pour endiguer les effets dramatiques de ces maladies.

Créons ainsi de nouvelles perspectives de développement pour des millions de personnes.

Offrons-leur l'espoir d'une vie meilleure, plus épanouie et plus digne.

Je vous remercie.