Eerste Conferentie van de Verdragsluitende Partijen bij de Conventie tegen Clustermunitie

  • 09/11/2010
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Monsieur le Président de la Conférence,

Excellences,  Mesdames, Messieurs,

Au nom du Royaume de Belgique, permettez-moi de vous exprimer toutes nos félicitations et nos remerciements à la République populaire et démocratique du Laos pour avoir pris en charge la responsabilité de l'organisation de la présente Conférence. A cette occasion, nous pouvons tous apprécier la vertu de l'accueil, la qualité humaine du peuple laotien ainsi que la beauté de votre pays. Je suis particulièrement honorée de participer à cet événement qui a lieu dans l'antique ville de Vientiane et d'apporter la contribution de mon pays à cette convention importante.

Le Laos, dont la population civile a particulièrement souffert et souffre encore du fléau que sont les armes à sous-munitions, confirme ainsi son engagement profond à l'égard de cette cause humanitaire à laquelle la Belgique est aussi très attaché. Dans cette perspective, nous saluerons la Déclaration de Vientiane. En effet, tous ensemble nous prendrons l'engagement de passer de la Vision d'un monde sans armes à sous-munitions à l'Action pour atteindre ce but.

A ce titre, permettez-moi de rappeler que mon pays a été le premier au monde à adopter, en 2006, une loi nationale visant à interdire ce type d'arme. C'est pourquoi dès l'origine de la négociation de ce traité, la Belgique s'est investie énergiquement dans les démarches pour promouvoir l'idée d'un engagement juridique interdisant l'emploi, la production, le stockage et le transfert de ces armes.

Ces armes occasionnent en effet des souffrances et des drames humains inacceptables à l'égard des populations innocentes et ce, bien longtemps après la fin des hostilités.

Il était donc normal que la Belgique se soit engagée à ratifier dans les meilleurs délais la Convention sur les armes à sous-munitions, contribuant ainsi à l'entrée en vigueur de la Convention en date du 1er Août 2010. Dans cette même période, la Belgique a complètement détruit son stock d'armes à sous-munitions. 

L'importance humanitaire de cette Convention ne peut pas être suffisamment répétée. C'est avant tout le sort des victimes innocentes de ces armes dévastatrices qui a motivé notre volonté d'aboutir à ce nouveau traité.

Les victimes dans les régions en conflit recevront une assistance effective et les conséquences inacceptables des sous-munitions sur l'homme et son environnement seront évitées.

Nous avons d'ailleurs hautement apprécié que la Convention soit si ambitieuse quant à la définition des obligations relatives à l'assistance aux victimes. En effet, la convention tient compte des conséquences non seulement physiques, mais aussi psychologiques et sociales, y compris pour les familles et pour les communautés locales.

C'est une avancée majeure que contient ce texte par rapport aux autres traités déjà en vigueur. 

De plus, les droits des victimes doivent être envisagés dans le cadre plus large des droits des personnes handicapées, comme définis dans la Convention adopté en 2006 par l'Assemblée Générale des Nations Unies.

Cet instrument a déjà été signé par 147 pays et ratifié par 95 pays.

Il nous faut à présent utiliser ce large soutien pour réaliser les objectifs visés par cette Convention, afin d'améliorer concrètement le sort de ces personnes dans le monde.

C'est dans ce contexte que la Belgique a déjà soutenu d'importants projets mis en œuvre par des Organisations non gouvernementales en Asie du Sud-Est, en Afrique et en Amérique du Sud.

En effet, l'engagement de mon pays pour ces financements au cours des dix dernières années se situe en moyenne à plus de 6 millions d'Euros par an. De plus, cette année, en tenant compte de la présente Conférence, le montant attribué à ces problématiques s'élèvera à environ 8 millions d'Euros.

D'autre part, nous avons aussi tenus à participer à un investissement institutionnel dans le cadre spécifique de la Conférence de Vientiane.

Dans la lutte humanitaire pour l'amélioration du sort des victimes, je me réjouis d'avoir l'occasion de pouvoir observer l'état d'avancement des projets au Laos.

C'est à partir de la situation des communautés affectées, vivant avec cette menace permanente, que les besoins des victimes sont déterminés.

Cela me donnera l'occassion d'écouter leurs témoignages quant aux efforts qu'elles estiment nécessaires pour leur venir en aide.

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

L'engagement de mon pays concernant les sous-munitions s'inscrit dans une politique plus large en faveur de la promotion de la Sécurité Humaine, c'est-à-dire la sécurité internationale à l'échelle humaine et respectueuse de la dignité de chacun. Les conflits armés ne sont en effet pas seulement une question d'Etats ou de régimes décidant souverainement des moyens à mettre en œuvre.

Dans les zones de conflit vivent des populations civiles vis-à-vis desquelles nous devons prendre nos responsabilités. Elles doivent être protégées autant que possible. 

Voila pourquoi il est important d'élargir la base du Droit International Humanitaire et de lutter contre l'utilisation d'armes provoquant des souffrances excessives.

Néanmoins, pour que ces instruments légaux puissent avoir les retombées humanitaires espérées, leur caractère universel est indispensable. Pour la Convention sur les armes à sous-munitions, y arriver reste un défi majeur.

La Belgique est résolue de réunir de plus en plus de pays autour de ce projet commun.

Nous constatons que la convention a recueilli un large degré d'acceptation en peu de temps.

Plusieurs grands pays ont décidé de retirer ces armes de leur arsenal. D'autres ont annoncé qu'ils ne procéderont pas à leur transfert vers d'autres pays.

Il s'agit ici de résultats tangibles qui donnent clairement le ton, même pour les pays qui malheureusement restent encore en dehors du traité.

La Convention contient des obligations importantes à charge des Etats, entre autres, des engagements en matière de rapportage.

A cet égard, la Belgique plaide, pour une meilleure efficacité et synergie dans la mise en œuvre d'obligations communes qui figurent dans différentes conventions.

Il faut réfléchir à ne pas engendrer des lourdeurs administratives inutiles: tout cela nous détourne de l'objectif fondamental que doit rester l'élimination des armes et l'assistance aux victimes de ces armes.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Le Plan d'Action de Vientiane intègre un plan de travail 2011, nous espérons que ce document sera rapidement appliqué et permettra de réaliser des progrès dans tous les domaines abordés.

Je ne voudrais pas clôturer mon intervention sans mentionner et saluer l'engagement de la société civile dans la réalisation de nos objectifs.

Avec une énergie inlassable, les ONG ont sensibilisé largement le grand public au problème. Je voudrais tout particulièrement remercier celles-ci pour la manière dont elles ont accompagnés les victimes des sous-munitions.

Chacune de ces victimes, par son récit personnel, continue à nous rappeler pourquoi cette convention est si urgente et nécessaire.

C'est pourquoi, je salue chaleureusement la présence ici des «Ban Advocates».

Enfin, je voudrais une fois de plus remercier le Président de la République du Laos pour son engagement personnel qui constitue un important soutien pour le succès de ce sommet.

J'adresse aussi mes félicitations au Président de notre conférence et à toute son équipe pour l'excellente préparation.

Je vous souhaite de fructueuses séances de travail pour une mise en œuvre concrète de cette Convention.

Je vous remercie.