Discours du Roi aux Autorités du pays - Janvier 2013

  • 29/01/2013
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Monsieur le Premier Ministre,

Je vous remercie des aimables vœux que vous me transmettez au nom des Autorités du pays.

Avant toute chose, je voudrais dire aux travailleurs d'Arcelor Mittal, dont l'emploi est menacé, combien je partage leur angoisse et celle de leurs familles, ainsi que leur amertume.

Par ailleurs, dans un tout autre domaine, comme chef de la famille royale je ne vous cacherai pas, que les récents événements familiaux,  m'ont peiné et donné une leçon d'humilité. La famille royale doit, en effet, en toutes circonstances donner l'exemple.

Mesdames et Messieurs,

Il y a un peu plus d'un an le gouvernement prêtait serment à Laeken, et nous venions de sortir de la plus longue crise politique que notre pays ait jamais connue. Le moment est donc bien choisi pour faire le bilan de l'année écoulée, tant sur le plan économique et social que sur le plan institutionnel.

Dans ces deux domaines les autorités fédérales ont réalisé un travail énorme en un temps très court. Et pourtant, le contexte n'était pas facile. A la suite de la crise bancaire internationale de 2008, et de ses répercussions sur l'économie mondiale, en particulier dans les pays de la zone euro, la croissance s'est aussi fortement dégradée chez nous pour atteindre zéro en 2012. Dans cette conjoncture pénible il était donc très ardu de réaliser des réformes économiques structurelles, et d'appliquer une rigueur budgétaire.

Malgré ce contexte ingrat, un redressement budgétaire remarquable a pu être réalisé grâce à un effort d'environ 14 milliards d'euros en 2012, et un effort supplémentaire de 3,5 milliards d'euros prévu pour 2013.

Par ailleurs, des réformes structurelles ont été réalisées pour faire face au vieillissement de la population, pour augmenter le degré de participation au marché du travail, et pour améliorer la compétitivité.

Tous ces efforts ont produit des effets rapides en matière de taux d'intérêt, et notre pays a retrouvé sa crédibilité sur les marchés internationaux. Notre différentiel avec l'Allemagne a baissé de plus de moitié. La plupart de nos résultats économiques sont  aujourd'hui meilleurs que la moyenne de la zone euro.

Ceci a valu à notre pays des évaluations très positives, en novembre dernier, de la part de l'Organisation de Coopération et Développement Economique, l'OCDE. Ils nous ont valu aussi des commentaires élogieux de la Commission Européenne.

Si je mentionne ces appréciations extérieures, c'est parce qu'il est utile parfois, de se référer à des organisations internationales crédibles pour évaluer de façon objective nos propres efforts, et pour prendre un peu de hauteur dans les commentaires.

Cela signifie-t-il que nous pouvons à présent être satisfaits de notre situation, et nous montrer complaisants ? Certainement pas. Les pertes d'emplois sont là pour nous rappeler la nécessité d'un effort coordonné de relance économique en Europe. Cela est  vital pour nos pays et pour donner de l'espoir aux jeunes. C'est le plaidoyer que tient notre pays sur la scène européenne. Nous devons quant à nous, rester vigilants en matière de compétitivité et de dette publique, comme le rappellent aussi les deux organisations internationales que je viens de citer. Il nous faut donner une priorité à l'emploi, comme il faut agir aussi sur les autres composantes de nos coûts de production.

En même temps que ces efforts majeurs sur le plan économique et budgétaire, les autorités fédérales, avec le soutien de 8 partis représentant plus des 2/3 des membres du Parlement, ont déjà fait voter un important premier paquet de la Réforme de l'Etat. Il comprend la solution du problème BHV qui a empoisonné pendant tant d'années notre vie politique et les relations entre nos régions. Le second paquet de réformes inclut un transfert  significatif de compétences, pour environ 17 milliards d'euros, aux entités fédérées et une nouvelle loi de financement. Cela donnera une plus grande autonomie aux Régions et Communautés ainsi qu'une responsabilisation accrue. La préparation de ces mesures a déjà fait l'objet d'un travail considérable.

Par ailleurs, d'autres réformes importantes ont été réalisées,  notamment en ce qui concerne la procédure d'asile, la lutte contre la fraude fiscale et sociale, ainsi que dans le domaine de l'énergie.

Si je souligne toutes ces réalisations, c'est parce qu'il me paraît important que les citoyens puissent se rendre compte des progrès significatifs qui ont été réalisés dans notre pays, et qu'il a retrouvé sa crédibilité internationale. Les nouvelles quotidiennes qui mettent l'accent sur les problèmes immédiats ne permettent pas toujours de s'en rendre suffisamment compte. C'est pour cela qu'il est précieux d'avoir des évaluations objectives sur les changements intervenus, et de les faire connaître. Sans doute sommes-nous une collectivité qui d'aucune manière n'est portée au chauvinisme, et qui trop  facilement sous-estime ses propres réalisations. S'il est bon de ne pas trop se prendre au sérieux, cela ne doit pas empêcher une certaine fierté nationale lorsque de grands défis sont relevés avec succès.

J'espère vivement que le redressement de notre pays puisse se poursuivre en cette année 2013, avec comme objectif premier l'emploi, même si l'environnement économique demeure difficile.

C'est pourquoi j'exhorte les forces vives de notre pays, que vous représentez, à se serrer les coudes pour mettre en œuvre la réforme de l'Etat qui fut décidée, et pour promouvoir l'emploi. C'est ainsi que le bien-être de tous les Belges sera le mieux défendu.

Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs,

La Reine et moi et toute notre famille, souhaitons de tout cœur à chacune et à chacun d'entre vous une très heureuse et fructueuse année 2013.

Herr Premierminister, meine Damen und Herren,

Die Königin und ich sowie unsere ganze Familie wünschen Ihnen Allen von Herzen ein glückliches und ergiebiges Jahr zweitausenddreizehn.