Discours du Roi - Fête Nationale - 2005

  • 20/01/2005 - 21/07/2005
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Mesdames et Messieurs,

Aujourd'hui nos pensées vont d'abord à toutes les victimes innocentes des attentats terroristes à Londres, et à leurs familles. Ces actes barbares constituent des agressions contre les valeurs fondamentales de nos sociétés démocratiques.

Mais aujourd'hui aussi la Reine et moi venons souhaiter à chacune et à chacun d'entre vous une belle Fête Nationale en cette année du 175ème anniversaire de notre pays et de 25 ans de fédéralisme.

La variété et la qualité des manifestations organisées pour cette commémoration nous remplissent d'admiration. En voyant, une fois de plus, l'abondance de nos traditions locales, et la vigueur de notre vie associative nous éprouvons un sentiment de légitime fierté. Certes, il est naturel de porter à cette occasion un regard admiratif sur notre riche passé, mais il est sage aussi de nous tourner vers l'avenir et d'envisager les nouveaux défis qui se présentent à nous.

A ce propos, j'ai été frappé par cinq attitudes et réactions qui se sont manifestées chez beaucoup d'entre vous ces derniers mois. Elles comportent des enseignements très positifs pour l'avenir.

La première attitude concerne notre pays. Au cours de mes nombreux contacts avec tant de personnes dans tous les coins de la Belgique, beaucoup m'ont exprimé leur souci de l'unité du pays. Cela revenait comme un leitmotiv. Je n'ai donc pas été surpris par le résultat d'un sondage, effectué en mars dernier, au sujet de notre avenir commun. A la question « Selon vous la Belgique doit-elle rester unie »  87 %  répondaient par l'affirmative et ce pourcentage était quasiment le même dans nos trois régions.

Le fait que 13 %  pensent le contraire, et l'expriment parfois bruyamment, ne peut faire oublier que l'immense majorité de notre population est habitée par la volonté d'unité.

La seconde attitude a trait à la tolérance.  Il s'agit en l'occurrence de la Commémoration le 8 mai dernier, du 60ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale en Europe, et de la libération des camps.  Lors de la Cérémonie à la Colonne du Congrès j'ai été touché par le geste symbolique d'un ancien qui transmettait le flambeau à un jeune.  Puis, lors de la réception au Parlement, j'ai parlé à de nombreux anciens mais aussi à beaucoup de jeunes qui étaient bien décidés à défendre nos valeurs de tolérance et de démocratie à l'avenir, comme les anciens l'avaient fait.

En ce moment ou un peu partout en Europe divers extrémismes relèvent la tête, cet engagement des jeunes est très significatif, et confirme le solide ancrage de notre esprit démocratique. 

La troisième attitude se rapporte au dialogue. Dans le courant de cette année diverses manifestations ont bénéficié de la présence simultanée des autorités civiles et des représentants de différentes religions et convictions philosophiques. Tantôt il s'agissait de  réfléchir ensemble sur des thèmes tels que la xénophobie, et l'intolérance, tantôt il s'agissait de rendre hommage à la mémoire des victimes d'une catastrophe. Ces rencontres, ces cérémonies communes, témoignent d'une  disposition au dialogue et de respect pour les convictions de chacun.

Par ailleurs, j'ai également été impressionné par la présence, côte à côte, de beaucoup de Chefs d'Etat et de Gouvernement et de nombreux représentants de grandes religions, lors des funérailles du Pape Jean Paul II.

Une quatrième attitude se développa comme une réaction spontanée  au début de cette année. Nous avons tous été témoins de la terrible catastrophe du Tsunami qui a frappé l'Asie du Sud-Est. Un extraordinaire élan de générosité a rapidement vu le jour à travers tout le pays. Des personnes individuelles, les médias, les organisations non gouvernementales, la Croix Rouge et les institutions publiques, ont réagi de façon admirable et très solidaire à la détresse de millions de personnes touchées par ce cataclysme.

Cela montre que même dans un monde que l'on qualifie volontiers  d'individualiste, voire d'égoïste, votre solidarité reste forte et vivante. C'est franchement réconfortant.

Et enfin, un dernier point. Je reviens avec la Reine d'une visite d'Etat en Chine. Nous y étions accompagnés, par des recteurs d'université, des chercheurs, des sinologues, des responsables d'entreprises et des représentants du monde culturel. Dans ce pays immense, le plus peuplé de la terre, et d'une vitalité étonnante, j'ai pu voir combien nos universitaires, nos scientifiques, nos entrepreneurs et nos artistes faisaient preuve de créativité et de dynamisme, tous soucieux de comprendre la très ancienne culture de ce pays. Ils collaborent avec énergie et modestie à son extraordinaire mutation. C'est une preuve très convaincante de l'ouverture au monde de beaucoup d'entre vous.

Voilà, Mesdames et Messieurs, quelques attitudes et réactions qui se manifestèrent chez nous et qui m'ont impressionné. Je tenais à les  souligner car elles m'inspirent confiance dans notre avenir. Puissent cette volonté d'unité, de tolérance, de dialogue, de solidarité et cette ouverture au monde continuer à vous motiver en grand nombre. Ainsi malgré les difficultés nous pourrons faire de notre pays un état fédéral modèle. Nous devons aussi incarner ces valeurs dans le projet européen, en dépit des obstacles qui enrichiront notre expérience. Nous pourrons ainsi contribuer à donner un nouveau souffle à l'aventure européenne.

La Reine et moi et toute notre famille, nous vous souhaitons encore une très heureuse Fête Nationale.

 

Möge dieses Bestreben nach Einheit, Toleranz, Dialog und diese Solidarität und Weltoffenheit Sie weiter in großer Anzahl motivieren 

Die Königin und ich, sowie unsere ganze Familie wünschen Ihnen noch einen sehr schönen Nationalfeiertag.